4 janv. 2019

▼ Chronique #125 - Un si petit oiseau par Marie Pavlenko.

▬ UN SI PETIT OISEAU 

Autrice : Marie Pavlenko.
Editions : Flammarion.
Nombre de pages : 365 pages.
Genre : Drame.
Date de sortie : 2 janvier 2019.
Prix : 17,50€
Lien utile : Se le procurer

Résumé : 
Elle ferme les yeux, écoute la nuit, elle sent battre le c ur de la Terre, sous elle, celui des hommes, des arbres, des animaux, ce coeur nocturne qui bat depuis le commencement, qui battra après elle. Elle appartient à ce monde immense. Et son bras, peut-être, alors, est dérisoire.

7/10


Merci aux éditions Flammarion pour l'envoi de ce roman.

J'ai une confession à vous faire : c'est mon tout premier Marie Pavlenko. Je n'ai jamais lu Je suis ton soleil et j'avoue n'avoir jamais eu envie de le lire particulièrement. J'ai vu tous les avis positifs comme quoi c'était un roman feel good, qui faisait vraiment du bien à lire. Je peux comprendre, je peux l'entendre et peut-être que je finirai par le lire un jour. 
Un si petit oiseau c'est radicalement différent. Enfin plus ou moins. 

Nous suivons Abi, jeune femme extraordinairement normale : elle sort, elle a des amis, une famille aimante, des études entamés, un rêve à réaliser. Jusqu'au jour où après un accident de voiture, elle perd son bras. On la rencontre au plus bas, dans les tréfonds les plus sombres de son esprit, marquée psychologiquement et physiquement par ce jour où tout changea, où sa vie ne fut plus la même. 
Abi cherche vainement une raison de vivre, elle ère dans sa nouvelle maison et rompt tout contact avec son passé. Ne reste plus que sa famille, sa magnifique famille qui va la supporter, l'épauler, l'aider à se reconstruire. Entre une mère aimante qui saigne pour Abi et donnerait tout pour être sa place, un père qui cache sa tristesse et mélancolie derrière l'humour et qui cherche désespérément un moyen de rester fort, une petite soeur qui ne comprend pas et ne peut plus supporter qu'Abi soit au centre de sa famille et enfin une tante si incroyable, complètement atypique et qui donne tellement à sa nièce. 
Franchement j'ai adoré ma lecture. 

J'ai mis du temps avant de vouloir vous écrire l'article pour vraiment réfléchir aux mots que j'emploierai. C'est un beau roman qui mérite d'être décrit tel qu'il est et c'est difficile de lui rendre justice dans un article aussi lambda que le mien. 

Sachez que normalement, ce n'est pas trooop mon genre de lecture. Oui, j'aime le YA et la jeunesse mais dans un domaine plus de science-fiction, fantastique ou alors des petites romances toutes douces. C'était dur de se plonger dans le livre et de voir à quel point les personnages luttaient pour retrouver une once de normalité, de joie, d'espoir. Parce que c'est tellement facile de se mettre à leurs places, de rentrer dans la peau des personnages et de constater la souffrance qu'un accident pareil peut faire. On se dit que ça peut arriver à n'importe qui. Abi elle-même le dit, il a suffit de deux secondes pour que sa vie change. Deux secondes d'intervalle et sa vie aurait continué comme si de rien n'était. Et demain ça peut arriver à un membre de notre famille ou même à nous. 

Je pense que je n'oublierai jamais la justesse des mots de Marie Pavlenko, c'est réellement ce qui m'a marqué. Le fait aussi qu'elle s'arrête sur des détails qui pourraient être sans importances mais qui, au quotidien, sont un enfer : faire une lessive, s'habiller, cuisiner, se laver, etc. 
Et puis le regard des autres. Abi est si craintive, toujours à l'affut, constamment à se dire "ils ont vu que je n'avais plus mon bras", sans arrêt dans la méfiance et la crainte. 
Enfin, la douleur. Parce qu'elle est permanente, Abi vit ce drame encore et encore chaque jour. Elle revit ces deux secondes pour le reste de sa vie, un regard sur le bras qu'elle a perdu et elle se souvient, elle revit la scène, elle ressent son bras manquant. Physique ou morale, la douleur est permanente. 

Alors comment continuer de vivre ? Comment continuer quand tout semble si noir ? 

C'est par là que va commencer le livre Un si petit oiseau. On va suivre le chemin que va emprunter Abi, entourée de sa famille et comment elle va s'en sortir. Pas de spoilers, c'est promis... Mais franchement, c'est d'une beauté pure. 
Dans ce livre, j'ai vécu la deuxième moitié du livre comme un renouveau, une seconde naissance. Et là, ça faisait du bien. Un bien fou, même. 

Pour les personnages, Coline reste ma favorite. Il s'agit de la tante d'Abi et elle est incroyable, je pense qu'on rêverait tous d'avoir une tante aussi aimante qu'elle. Bien sûr, c'est un amour particulier, un peu fou voire même loufoque mais j'ai adoooooré sa manière d'être. 
J'ai un peu moins accroché à Millie, la soeur d'Abi. Je comprenais ses sentiments, c'était si humain. Surtout à son âge. Mais ça ne me paraissait pas forcément juste pour Abi. Après... Qu'est-ce qui est juste ou qui ne l'est pas, hein ? 

Bref, un très beau roman que je vous conseille vraiment très très fort. Et pour tout le monde. 

ON ADORE : La plume de Marie Pavlenko, l'histoire marquante au possible et merveilleusement bien faite. Du début à la fin. 
ON REGRETTE : J'aurais adooooré avoir un petit épilogue pour voir Abi dans le futur, juste savoir comment elle va. C'est le petit point que je regrette. 

La bise,
Cam.