16 avr. 2018

▼ Chronique #81 - La fille qui n'existait pas par Natalie C. Anderson.

▬ LA FILLE QUI N'EXISTAIT PAS 

Autrice : Natalie C. Anderson. 
Editions : Pocket Jeunesse. 
Nombre de pages : 411 pages. 
Genre : Thriller. 
Date de sortie : 1er mars 2018. 
Prix : 17,90€ 

Résumé : Tina ne vit pas, elle survit sur le toit d'un immeuble des bas-fonds de Sangui. Cambrioleuse la plus habile d'un gang kényan, elle ne pense qu'à une chose : venger sa mère assassinée par son ancien employeur, le nabab blanc M. Greyhill. L'occasion se présente enfin quand on lui demande de s'introduire dans la luxueuse villa de ce dernier. Prise sur le fait par Michael, le fils Greyhill avec lequel elle a grandi, Tina commence à douter. Submergés par les souvenirs de leur enfance, 
les deux jeunes gens décident de passer un marché... Entre les rues inquiétantes de Sangui et la guerre qui menace son village natal, Tina voit sa vengeance prendre un tournant qu'elle n'aurait jamais pu imaginer...
9/10 

Voilà un livre qui ne m'a pas laissé indifférente. J'en entendais parler depuis octobre de l'année dernière via Xavier d'Almeida, un des éditeur de chez PKJ qui m'avait déjà TROP donné envie de le découvrir. Il m'avait hyper bien vendu le livre donc j'avais mis la barre relativement haute, c'était risqué. Avant de le commencer, j'avais même peur d'être un peu déçue parce que je sais que je m'emballe facilement mais alors là... PAS DU TOUT ! Ce livre est incroyable, criant de vérité sur des sujets actuels bien que terribles et d'une manière subtile, Natalie C. Anderson glisse dans sa fiction une réalité qui n'est d'autre qu'un message de sensibilisation auquel j'ai été très réceptive. 

Nous voilà plongé en Afrique, à Sengui pour être plus exact en plein Kenya. Nous suivons alors une jeune adolescente qui s'appelle Tina et qui a vu sa vie basculer lorsqu'elle avait onze ans. Sa mère a été assassinée. Et pas par n'importe qui : par M. Greyhill, son employeur. Celui-ci vit sur les hauteurs de la ville, dans un quartier richissime qui semble être à une vie d'elle tant ce perchoir semble imprenable. Il n'a jamais payé pour ses crimes et Tina n'a jamais oublié. Depuis cinq ans, elle ne pense qu'à une seule chose : se venger. Quand l'occasion se présente, elle la saisit et accepte en tant que voleuse d'un gang de s'introduire chez lui afin de lui dérober toutes les informations présentes dans un disque dur sécurisé. Elle y voit là son Saint-Graal ; si preuve il y a de la mort de sa mère l'inculpant lui, c'est peut-être sur ce disque dur ? 
Malheureusement, ça ne se passe pas comme prévu et Tina se fait attraper par son ancien ami d'enfance, Michael. Pour retrouver sa liberté, elle va devoir passer un pacte avec lui et tous les deux vont enquêter sur la mort de sa mère. Leur investigation va les mener à des faits et réponses troublantes, les faisant aller jusqu'au coeur du Congo, dans le village natal de Tina et de sa mère. 

Pourquoi j'ai donc tant aimé ce livre ? Déjà par son originalité scénaristique, c'est la première fois que je lis un livre qui se passe en Afrique et qui plus est à notre époque. C'est original et ça change de tous ces romans se passant dans des pays aisés. 

Les personnages sont aussi épatants, j'ai adoré Tina qui à seize ans essaye de survivre du mieux qu'elle peut et vit dans une réalité difficile où elle a dû se battre pour rester en vie et avoir les réponses à des questions restées trop longtemps silencieuses. Nous rencontrons aussi Michael et Skinny, deux alliés de taille qui vont grandement aider Tina durant son enquête. D'un côté, nous avons le riche fils du meurtrier de sa mère avec qui elle a passé toute son enfance et qui était, jadis, son meilleur ami. Et de l'autre, nous avons le garçon aimant la mode et les accessoires girly tout en étant le meilleur hacker du pays. Je vous rassure, pas de triangle amoureux juste une solide et belle amitié entre ces personnages qui vont voir toutes leurs vies basculer du jour au lendemain mais qui restent solidaires même si la confiance n'est pas aisée à accorder pour Tina. 
Du côté des méchants, on trouve d'un côté M. Greyhill, le tueur de sa mère puis par la suite son ancien gang qui pense qu'elle les a doublé en ne finissant pas entièrement sa mission de voleuse. J'ai été convaincue par les adversaires et j'avoue que plus d'un rebondissement est arrivé au cours de la lecture auquel je ne m'attendais pas-du-touuuuut et qui a rythmé le tout dans une bonne dynamique. Je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer et je n'ai pas vu passer les pages. 

Et dernier point que j'aimerais vraiment aborder c'est le message de l'autrice. Elle l'a elle-même dit dans ses notes à la fin du roman mais même si l'histoire en elle-même est fictive, certaines choses sont réelles dans son récit. A commencer par la condition des femmes dans ces pays où elles n'ont souvent que leurs corps à donner pour survivre et où les droits des Hommes sont clairement bafoués au profit de la richesse dû aux mines. Nécessaires certes à l'économie de ces pays mais qui apportent son lot de malheurs. C'est important de prendre conscience de ces éléments et si on peut, d'aider, de réagir. Même si on est à des kilomètres d'eux. Le livre, en plus de sa fiction merveilleuse et bien rédigée, permet d'ouvrir les yeux sur ces atrocités. Rien que pour ça, je pense que tout le monde devrait le lire. 

A qui est-ce que je recommande cette lecture ? Aux plus grands comme aux adolescents, pas aux plus jeunes pour le coup mais surtout à tous ceux qui cherchent un livre original, atypique et actuel. 

ON ADORE : L'histoire, les personnages, le contexte, les paysages, les témoignages, la manière dont l'autrice a fait passer un message au travers de sa fiction. 
ON REGRETTE : Un chouya la fin, j'avouuuuuuue. Je rêve d'une suite aussi, alala. 

Un énorme MERCI à Pocket Jeunesse pour l'envoi de ce livre absolument merveilleux et fabuleux. Xavier, si tu passes par là... 


La bise,
Cam.