17 nov. 2017

▼ Chronique #40 - Forbidden de Tabitha Suzuma.

▬ FORBIDDEN ▬

Auteure : Tabitha Suzuma. 
Editions : Milady. 
Nombre de pages : 380 pages. 
Genre : Romance. 
Date de parution : 22 septembre 2017. 
Prix : 16.90€
Lien utile : Se le procurer en ligne

Résumé « Je refuse de laisser le monde extérieur nous condamner et détruire le plus beau jour de ma vie. Celui où j'ai embrassé le garçon qui hantait mes rêves depuis toujours. Sommes-nous condamnés à nous dissimuler derrière des portes closes et des rideaux tirés ? »


Il ne reste plus grand-chose de la famille Whiteley. Le père a refait sa vie à l'autre bout du monde, la mère essaie d'en faire autant. Elle dépense plus d'argent chaque mois en alcool et en fringues qu'en pension alimentaire pour ses cinq enfants. Dans la débâcle, les deux aînés, Maya et Lochan, seize et dix-sept ans, décident de prendre les choses en main. En effet, si les services sociaux s'en mêlent, ils seront séparés, placés dans des foyers aux quatre coins du pays. Luttant ensemble pour maintenir leur famille unie, ils partagent les mêmes joies et les mêmes peines. Mais peuvent-ils vraiment s'avouer ce qu'ils ressentent l'un pour l'autre ?

8,5/10 

Bon, très honnêtement, je ne sais pas exactement comment commencer cette chronique et développer mon avis sans que ce soit mal interprété. J'ai l'impression qu'à l'instar de Lochan et Maya, je dois mesurer mes paroles pour un roman qui m'a pourtant boulversé. Parce que le sujet est tabou et qu'il faut clairement marcher sur des oeufs. 

Pourtant, je ne vais pas passer par quatre chemins : j'ai adoré ce livre. 
Poignant, bouleversant et merveilleusement bien écrit, j'avoue qu'il hante encore mes pensées et que je suis sûre que j'en garderai une certaine trace tant il m'a ébranlé. C'est rare mais parfois, on trouve des ouvrages qui nous marque au fer aussi chaudement qu'un brasier. Sachez que je ne me suis sentie ni mal-à-l'aise, ni dégoûtée durant ma lecture car Tabitha Suzuma a su traiter cette romance sans grossièreté ou vulgarité. Pourtant, franchement... Ca aurait pu être un total désastre hyper malaisant. 

Il faut savoir autre chose : je suis une écrivaine en herbe, j'ai un long passif à bord des forums RPG donc sachez qu'en tant qu'auteure, j'ai aussi dû aller dans l'extrême parfois, ce qui veut dire l'inceste. Le sujet est particulier, dégoûtant et ce n'est pas parce que vous lisez ou écrivez sur le sujet que vous défendez le sujet. Néanmoins, dans mon cas et je m'arrêterai là par la suite pour me concentrer sur ma chronique mais sachez que je n'émets jamais aucun jugement sur les gens : ils ont le droit d'aimer qui ils veulent tant qu'aucun mal n'est fait à autrui et que c'est réciproque, bien évidemment. Je ne juge personne, j'accepte les différences même si je ne les comprends pas toujours. 

Parenthèse terminée, passons donc à mon avis sur ce livre incroyable. 

Comme vous vous en doutez, la romance est le sujet principal du livre et avant de le commencer, je n'arrêtais pas de me dire : comment peut-on en arriver là ? Comment peut-on tomber amoureux d'une personne faisant partie de sa fratrie ? En lisant l'histoire de Maya et Lochan, finalement on comprend vite. Ce sont des gamins paumés, sans parents qui élèvent comme ils peuvent des gamins. Obligés de grandir avant l'heure et de mettre de côté une enfance malheureuse, ils jouent tous les deux aux rôles du papa et de la maman depuis qu'ils sont petits. Parce qu'ils n'ont pas le choix, parce qu'ils ont des responsabilités, parce qu'ils ne veulent pas être séparés par des assistantes sociales. 
Ils ont toujours vécu de cette manière, donc quand les hormones commencent à agir sur eux en simples adolescents qu'ils sont, finalement la psychologie des personnages font qu'ils se tournent l'un vers l'autre pour trouver un réconfort. Pas physique, juste mental. Ils sont là l'un pour l'autre, ils se font confiances, ils agissent l'un comme l'autre comme des parents. Sans modèles, sans mère ni père, finalement ils ont dû se glisser dans ces déguisements qui, je pense, a grandement influencés les personnes qu'ils sont devenus et qui a transformé leur relation en quelque chose de plus profond. 

Parce qu'ils ont toujours vécu en reclus, on constate rapidement que c'est parce qu'ils sont toujours entre eux, que parce qu'ils font toujours passé la famille avant tout que ça n'aide pas non plus dans leurs rapports avec les autres. Lochan, par exemple, est d'une timidité maladive au point de ne pas pouvoir réussir à parler à l'oral quand il est au lycée. Il n'a personne. A part Maya et le reste de sa famille. Meilleurs amis, frère et soeur, quelque chose se tisse au fur et à mesure et c'est bel et bien avec les protagonistes qu'on voit leur amour éclore et se transformer en quelque chose de certes, malsain mais malgré tout très touchant. Toujours à se flageller, à se mettre des règles, à s'empêcher de s'aimer et à essayer de se détester, cette romance m'a complètement brisé. Je l'ai trouvé tellement injuste, tellement belle, tellement sombre. Tant de mots m'apparaissent quand je veux en parler, tant de ressentiments aussi.
Sans déconner, j'ai eu envie de les prendre dans mes bras durant tout le roman et de leur assurer que ça allait bien se passer, que je les protégerais. Mais personne n'est là pour eux, personne ne les protège, personne ne s'assure qu'ils peuvent être eux-mêmes et s'aimer sans faire de mal à autrui. 

Une
claque. 

Véritablement. Je vous jure que je suis encore à deux doigts de faire une tachycardie rien qu'en repensant à la fin. Il faut que vous lisiez ce livre, il faut que vous compreniez ce que j'ai ressenti, ce pourquoi je suis encore hantée par cette histoire. Il faut que vous sachiez. 
Et surtout, me faire confiance. Je ne me permettrais de vous recommander aussi chaudement ce roman si d'une manière ou d'une autre je l'avais trouvé déplacé. Mais il est juste. Profondément juste, même. Et je pense que n'importe qui devrait le lire. Non pas pour forcément l'aimer mais au moins se faire son idée et accepter le message de Tabitha. 

Faîtes-moi confiance. 

La bise,
Cam.